
La première Zone d’Évolution Autonome (ZÉA-As.1.1) à la MAAC (Bruxelles) – Photographie: Stephane Bednarek

ZÉA-As.1.1 (détail avec Ameca splendens) à la MAAC (Bruxelles) – Photographie: Stephane Bednarek
Zone car il s’agit d’un (ou d’) espace(s) défini(s), en l’occurrence un (des) aquariums (s). Évolution car il s’agit d’abriter des populations animales qui évolueront en un milieu clos. Autonome car le milieu ainsi créé ne dépend d’aucune intervention extérieur, il est un système fermé. Il s’agit donc d’une zone évolutive car le milieu abrité se modifiera dans le temps, comme son contenu, séparé physiquement de ses référents naturels.
Un goulot d’étranglement de population (ou goulot d’étranglement génétique) se constitue à partir d’une forte réduction des effectifs d’une espèce. Ce type de phénomène peut avoir des origines diverses (pandémie, catastrophe naturelle, isolement d’un groupe d’individus par un bouleversement géologique, etc.). La conséquence d’un tel évènement est que le nombre de géniteurs étant devenu restreint, la variabilité génétique de ladite espèce s’en voit considérablement diminuée. S’en suit une forte augmentation des mutations qui soit peuvent avoir un effet néfaste et faire disparaitre l’espèce, soit un effet bénéfique et entrainer des changements très rapides qui accentuent le phénomène de spéciation. C’est ce que nous entendons reproduire dans nos ZÉA en installant un petit nombre d’individus au sein d’un système clos (il faut toute fois relativiser cette notion de système clos. Les ZÉA ne pourront pas être des systèmes entièrement fermés sur eux-mêmes dans un premier temps car il faudra nourrir les animaux un minimum pour assurer le démarrage, il faudra également veiller un minimum à l’entretien du matériel qui même si il est fortement automatisé nécessite une attention constante).
ZÉA est un projet pouvant accueillir toute une diversité de sous-projets. Ces variations pourront porter sur l’espèce dans les cas de bacs monospécifiques (ne contenant qu’une seul espèce) mais également sur le biotope référent dans le cas de projets plus vastes comportant des interactions interspécifiques (entre plusieurs espèces). Il est également possible qu’à un certain moment une ZÉA puisse donner naissance à une seconde ZÉA. En effet, si l’on prend l’exemple d’un bac contenant des Ameca splendens, il est fort probable que la population se développera suffisamment pour que l’on puisse collecter une partie des individus afin de créer une seconde colonie dans une autre ZÉA que l’on nommera ZÉA-As.1.2 (pour Zone d’Évolution Autonome – Ameca splendens n°1 – génération 2).
Sébastien Biset – 2011